Le centenaire de Camille Saint-Saëns

Camille Saint-Saëns est mort il y a cent ans en 1921. Il avait quatre-vingt-six ans. Pianiste surdoué, organiste, chef d’orchestre, compositeur fécond, Camille Saint-Saëns a eu une vie très remplie.

Son impressionnante renommée, aussi bien en France qu’à l’étranger, avait suscité de son vivant bien des jalousies, jalousies alimentées également par son esprit volontiers polémique et caustique. Il a eu par ailleurs la malchance de ne plus incarner, dès l’âge de soixante-cinq ans, la modernité et de vivre les vingt-et-une dernières années de sa vie au côté des chefs d’œuvre de Debussy, Ravel, Stravinsky, Prokofiev, Schönberg…, années au cours desquelles on n’hésitait pas à le traiter de « vieille ganache », de parler de « l’encombrant Saint-Saëns », ou du « vieillard qui compose encore, qui compose toujours. »

Considéré par les uns comme un génie et par les autres comme un compositeur à la renommée surfaite, Camille Saint-Saëns possède indéniablement une grande maîtrise de l’écriture musicale. Il a représenté durant toute la deuxième moitié du XIXème siècle le bon goût à la française tout en ayant adopté certaines caractéristiques de la musique allemande au point qu’on a pu dire de lui qu’il était le « Beethoven français ».

Cela dit, il est vrai que son influence sur l’évolution de la musique est assez faible et qu’il n’a pas ouvert d’horizons. Beaucoup d’œuvres de son importante production sont tombées dans l’oubli et certaines n’avaient pas en effet à passer à la postérité.

A l’inverse, elles sont nombreuses ses œuvres de musique de chambre, ses œuvres concertantes, ses œuvres orchestrales qui sont si remarquablement écrites qu’elles méritent d’être jouées et appréciées. Bien que Saint-Saëns n’ait pas été un génie dans le sens où il lui a manqué incontestablement un souffle créateur, doit-on pour autant le dénigrer et l’oublier ? Ne doit-on aimer que les génies ? Ecoutons, par exemple, son premier trio, sa troisième symphonie « avec orgue », son premier concerto pour violoncelle : n’est-il pas injuste de mépriser leur auteur ?

Ne boudons pas notre plaisir, réhabilitons Saint-Saëns !

Nathalie Plessis

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