« La musique creuse le ciel », une biographie de Brigitte Engerer

Nous avons tous en mémoire Brigitte Engerer, cette pianiste aussi exceptionnelle que sympathique, toujours souriante et heureuse d’être entourée de ses amis. Nathalie Depadt-Renvoisé nous raconte dans ce livre publié chez Buchet-Chastel la vie étonnante de cette femme qui semble en quelques décennies avoir vécu plusieurs vies.

Brigitte Engerer est née à Tunis en 1952. Remarquant ses dons pianistiques, ses parents déménagent à Paris où la petite fille étudie avec Lucette Descaves au Conservatoire National Supérieur de Musique. Une fois son 1er Prix obtenu, elle passe le Concours Long-Thibaud, décroche un 6ème Prix et, remarquée par Evgueni Malinine qui était au jury – en remplacement d’Emil Gilels -, elle part à Moscou où elle entre dans la classe de Stanislas Neuhaus. Elle se familiarise avec l’âme de la Russie et sa littérature qu’elle finit par lire directement en russe. Sa façon de concevoir le jeu pianistique change également du tout au tout. L’élève et le professeur se rapprochent et une aventure sentimentale voit le jour. Elle réussit le Concours Tchaïkovski puis le Concours Reine Elisabeth de Belgique. Brigitte Engerer reste en Russie pendant neuf ans et lorsque son professeur et compagnon meurt subitement en janvier 1980, elle rentre en France.

Gérard Caussé et Micha Maisky l’aide alors à lancer sa carrière. Elle commence des tournées de concerts dans le monde entier où elle se produit soit en soliste, soit avec les orchestres les plus prestigieux. Elle épouse Yann Quéfellec et met au monde en 1984 une petite fille, Léonore. Remarquée par René Martin en 1986, Brigitte Engerer est régulièrement invitée au Festival de la Roque d’Anthéron, aux Folles Journées de Nantes…

Au début des années 90, à la suite de la naissance de son deuxième enfant avec son nouveau compagnon, elle ralentit sa carrière, soulagée de ne plus avoir à supporter en permanence ce trac qui la mine avant chaque concert. Elle se consacre alors davantage à la musique de chambre, formant un duo violon-piano avec Olivier Charlier, et s’engage dans l’enseignement en reprenant au Conservatoire de Paris, en 1992, la classe de Gabriel Tacchino parti à la retraite. Elle joue régulièrement avec le violoncelliste Henri Demarquette et à quatre mains ou à deux pianos avec Hélène Mercier ou Boris Berezowsky.

En 2006, on lui diagnostique un cancer dont elle guérit. Elle ne ralentit pas ses activités pour autant et enregistre de nombreux CDs. En 2011, c’est à un cancer qui se généralise qu’elle doit désormais faire face. Malgré la fatigue et les douleurs, elle continue ses activités avec la même énergie. Après un dernier concert au Théâtre des Champs-Elysées le 12 juin 2012, elle entre à l’hôpital et meurt le 23 juin.

Ce livre écrit avec sobriété dresse un portrait très attachant de cette femme qui aimait la musique autant qu’elle aimait la vie.

Arnaud Frasel

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